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21/01/2018

Saint-Césaire - 1750, Rabaut échappe à la mort. Retour sur un un fait divers mettant en scène le célèbre prédicateur

001.jpgLe numéro 151 de la rue de l’Église au début du XXe siècle.

Ce fait divers a du passer pour presque banal à l’époque mais il montre l’ambiance qui régnait à Saint-Césaire dans les années 1750, ainsi que les rôles importants qu’ont joué les habitants du hameau. Francis Brun, président de l’association du Patrimoine de Saint-Césaire et véritable passionné de l’histoire du village, en raconte les détails.

« Il faut se mettre dans le contexte de l’époque des années 1750. La guerre de Religion n’est pas finie, il faudra attendre le traité de Versailles. La religion protestante est interdite et Saint-Césaire, un petit hameau constitué de quelques maisons et fermes regroupées face à l’élise, au lieu dit de la Table de pierre, appelée aujourd’hui place de Table ronde, est surtout un fief du protestantisme. Il n’y a pratiquement que des protestants parmi la population. A l’écart du village, au carrefour des actuelles rues de l’Église et de la Vieille-école inexistantes à l’époque, il y a la ferme Huguet, connue encore de quelques  Saint-Césairois comme mas du Nid, qui jouxte aujourd’hui l’école. Son rôle est très important car, loin de toutes les  agitations de la ville, elle sert de base de repos discrète aux ministres de la religion réformée et aux prédicateurs. Il est facile de comprendre que son propriétaire, Monsieur Huguet, est un protestant militant. »

Et l'historien de poursuivre : « Paul Rabaut, ministre du culte protestant connu, y vient souvent pour se reposer et tenir des assemblées secrètes. Un jour il est dénoncé (par qui ?) et les dragons du roi arrivent à la ferme. Il s’enfuit en courant, contourne certainement l’église et entre dans la première maison face à lui, l’actuel 151 rue de l’Église, celle d’une protestante, la Margueridasse. Là il a une chance miraculeuse : les bâtisses abritent presque toutes une citerne sous terre pour recueillir l’eau, suffisamment grande pour abriter un homme. Paul Rabaut se cache dans cette citerne, ce qui lui sauve la vie. » Cette situation de conflit religieux durera jusqu’à la Révolution, quand le protestantisme sera reconnu comme religion. Paul Rabaut décèdera en 1794. Il était le père de Jean-Paul Rabaut Saint-Etienne, pasteur ayant participé entre autres à la rédaction nîmoise des cahiers de doléances pour les États généraux et d’un article des Droits de l’homme et qui mourra guillotiné en 1793.

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