Accueil Nîmes Saint Césaire | Tous les blogs de Nîmes | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami


08/12/2017

Plaine du Vistre - « J’avais l’impression de semer du blé au Sahara »

DSC01940 (Copier).JPGMarceau Pelatan : « Chaque saison devient une loterie ».

Marceau Pelatan, agriculteur au Mas de Cheylon, parle des effets de la sécheresse qui sévit depuis le mois de juin.

Comment s’est présentée l’année 2017 ?

Les premiers mois ont été dans la normale. La pluviométrie, relativement faible durant cette période, a été bien répartie pour ce qui concerne la plaine. En juin, la récolte de blé a été correcte.

Et puis les nuages ont disparu !

Au début du mois de juin il s’est mis à faire très chaud, de jour comme de nuit. Les relevés pluviométriques sont devenus catastrophiques. Des gouttes sont tombées, réparties en 5 jours sur 5 mois, pour un total de 10 mm, c'est-à-dire rien ! La seule pluie qui a rafraîchi les terres est venue le 6 novembre, avec 32 mm.

Quelles sont les conséquences ?

Nous faisons l’assolement qui consiste à varier les cultures. Pour cela, il faut labourer, travailler la terre en profondeur afin d’enfouir les herbes sèches. Aujourd’hui il est impossible de labourer et donc de préparer la terre pour les pois-chiches. Nous n’avons pu que faire un travail de surface, 15 cm tout au plus. Les semences de blé pour la récolte 2018 ont été mises sur un sol sec, par obligation. J’avais l’impression de semer au Sahara. La récolte 2018 est sérieusement hypothéquée.

Un problème inattendu semble aussi important ?

Effectivement nous sommes aussi confrontés depuis des années aux pigeons qui vivent en ville et mangent à la campagne (sourire amer). Je ne sème plus de tournesols à cause d’eux. C’est des nuées complètes qui viennent sur nos champs. En ce moment, ils ne forcent même pas pour trouver les graines il leur suffit de gratter un peu tant c’est sec. En temps normal, les semences germent en une semaine et ils n’y touchent plus, là c’est un mois qu’il faut, alors ... En  plus, les chasseurs sont de moins en moins nombreux.

En conclusion ?

Je n’ai jamais connu pareille situation climatique et toutes les innovations technologiques ne pallient pas le manque de pluie. Les difficultés sont de plus en plus importantes pour nous, comme les cours du blé qui sont au plus bas, on vit de plus en plus dans l’incertitude. Chaque saison devient une loterie, serons-nous gagnants ou perdants ? A l’instant, mon vœu le plus cher est qu’il se mette à pleuvoir rapidement et régulièrement, de trop fortes pluies seraient tout aussi néfastes.

Écrire un commentaire

NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.