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08/11/2017

Puech-du Teil - Ils se souviennent de leur quartier

DSC01805 (Copier).JPGJean Laval, septuagénaire, se souvient :« Mes parents ont construit en 1953 cette maison dans laquelle j’habite depuis toujours. L’impasse du Vallon n’était ni une rue ni habité. Douze agents EDF, entreprise dont mon père faisait partie, ont eu l’opportunité de construire ici. Le terrain choisi par mes parents possédait le seul arbre du coin, un noyer, aujourd’hui bicentenaire et très productif. Pour nous enfants, le lieu était un paradis : champs verdoyants et collines boisées avec mazets  constituaient notre horizon à perte de vue. Les puits naturels y étaient nombreux, l’impasse était à l’origine un petit cadereau. Un des derniers, toujours alimenté, se trouve au bas de la rue du Vallon.

Suivant les saisons, on allait faire les asperges, poireaux, pissenlits. L’été c’était la trempette à la source ‘Puech-du-Teil’. On s’y rendait en empruntant un escalier en terre. Le château de la rue Mourgues était le phare du quartier. A côté se trouvait le foyer Hubert-Pascal, qui n’était pas occupé et qui constituait notre espace d’occupations, avec ses structures de jeux en bois et grands bacs avec robinets d’eau où on s’aspergeait.

Plus grand, j’allais à la fête votive de Saint-Césaire, très courue à l’époque, en traversant tout cet espace naturel, il n’y avait ni stade, ni collège, ni quartier Pissevin. Dans les années 1960, la municipalité avait projeté la construction d’un boulevard périphérique sur le tracé de l’impasse du Vallon. Devant la vive contestation des habitants, ce projet a été déplacé vers un lieu connu de tous car il s’agit de l’actuel boulevard Kennedy. »

 

DSC01820 (Copier).JPGJean Pellequier est âgé de 87 an, il raconte. « J’habitais avec mes parents rue Isabelle, mais la tradition voulait qu’on se retrouve tous en famille pour passer le samedi et le dimanche au mazet. Mon oncle et mon parrain en possédait chacun un ici, sur la colline Puech-du-Teil. C’était vraiment une autre époque : pas d’eau courante, une citerne d’eau de pluie était la seule réserve, pas d’électricité, les lampes à pétrole et bougies servaient à nous éclairer. Ces week-ends étaient mémorables, avec des tablées immenses, anchoïade, omelette et île flottante constituant l’invariable menu. Pour nous les gamins, les parties de boules alternaient avec celles de croquet. Nous étions heureux.

Les mazets avaient des bancèls, terrasses aménagées en cultures avec oliviers et quelques céréales. Je me souviens de l’octroi qui se trouvait au bout de l’actuelle rue Henri-Revoil car au moment de la cueillette des olives il fallait y payer la taxe obligatoire pour toute marchandise entrant dans Nîmes.

J’ai aussi en mémoire le crash d’un monomoteur de l’armée sur la citerne de mon oncle, en 1938, créant la panique. Les voisins curieux, se présentaient comme propriétaires du lieu pour entrer et voir. Durant la guerre, la colline à servi de refuge aux maquisards. En haut on dominait tout Nîmes et ses environs. Aujourd’hui tout a changé. »

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