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08/11/2017

Saint-Césaire - Ils se souviennent de leur quartier

DSC01795 (Copier).JPGCamille Siviragol, 80 ans

« Saint-Césaire est ma vie pour y être née, place de la Table de pierre, m’y être mariée avec Jean-Claude que j’ai connu à l’école primaire et y vivre. Les soirs d’été les gens blaguaient devant chez eux jusqu’à point tandis que nous, les minots,  on s’amusait. J’ai connu les belles distractions de l’époque, désuètes aujourd’hui : le café du Commerce faisait ‘cinéma’ une fois par semaine et organisait le bal masqué auquel parents et enfants arrivaient déguisés. C’était une véritable ambiance familiale. La fête votive était attendue comme le messie, comme le ‘balèti’ sur la place près de la gare et du passage à niveau. J’ai ensuite tenu le magasin de primeurs rue de la Vieille-école, il y avait 17 commerces, je connais tout Saint-Césaire. Pour se rendre à Nîmes, outre la bicyclette, le train était le moyen de transport utilisé avant l’arrivée des bus vers les années 1950. C’était vraiment une belle période ».

DSC01640 (Copier).JPGGinette Gasquel, 82 ans

« Mes grands-parents ont été gérants de la cave coopérative dès sa création, en 1925, puis mon père a pris le relais, innovant avec la création de la vente au détail. J’y ai été secrétaire jusqu’en 1989, Jean Bonfils en était le président. Les vignerons étaient nombreux. Les vignes, olivettes et mazets qui constituaient le décor du quartier ont commencé à disparaître avec la création de la zone industrielle. Il en a été de même pour les lieux de promenade comme le chemin des Moutons, vers l’avenue Kennedy d’aujourd’hui. L’image que je garde du passé reste le rendez-vous annuel du 15 août, avec la fête votive que tout le monde attendait et qui durait huit jours, le café de la Gare et celui du Commerce se partageant l’animation. Les courses de taureaux avaient lieu sur le champ de Roure, l’actuel parking Gaston-Lessut, des charrettes faisant office de barricades. C’était une autre époque ».  

IMG_2850.JPGFrancis Brun, septuagénaire

 « Je vis ici depuis toujours avec mon épouse Josette connue à l’école primaire. Mon enfance a été marquée par l’atmosphère de convivialité et de solidarité qui régnait, l’échange se faisant dans la rue ou les commerces, très nombreux. On vivait au rythme de la campagne. Il y avait beaucoup de vignerons et l’époque des vendanges était très animée. La gare SNCF était un centre d’activités très important notamment pour les marchandises, avec son centre de réception de citernes de vin et les bestiaux. Les vaches et bœufs y étaient débarqués avant de rejoindre les abattoirs situés près du Jean-Jaurès. Les bouviers les encadraient, à pied, sur le chemin longeant la voie ferrée. C’était pour nous, gamins, comme une abrivado et quand une bête s’échappait c’était le grand spectacle. Nous nous sommes sentis privilégiés avant de devenir victimes de l’évolution sociétale et l’expansion urbaine. On a été étouffés, c’est un grand regret. »

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