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12/02/2017

Pissevin - Farabel, à la recherche du temps passé

DSC09969 (Copier).JPGKeira Dahmane devant sa boutique Farabel, ouverte en 1989.

« Où est passée la formidable époque des années 80-90 ? » C’est la question que Keira Dahmane, propriétaire de Farabel, la boutique de prêt-à-porter féminin, galerie Richard-Wagner, n’aurait jamais voulu poser.

Elle explique son arrivée à Pissevin : « Dans les années 80, la galerie Richard-Wagner était à son apogée. Avec mon mari, nous avions un magasin à Marseille, cours Belsunce qui, à l’époque, n’était pas l’endroit de plus côté. Alors, venir s’installer dans ce quartier nîmois florissant, que j’adorais, c’était formidable. En 1989 nous avons racheté le magasin de chaussures de M. Mervant, pour y installer Farabel, notre boutique de prêt-à-porter. Durant dix ans nous avons vécu une période très prospère. Il y avait ici tous les types de commerces, implantés depuis la création du quartier dans les années 1970 : mercerie, bijouterie, encadreur, photographe, boucherie chevaline et autres complétaient la palette des commerces essentiels d’un quartier comme les boulangeries ou pharmacies. L’ambiance était formidable, le quartier magnifique ».

Depuis, à son grand désarroi, de nombreuses choses ont changé et l’image s’est ternie. Elle poursuit : « Dans les années 2000, tous les commerçants européens, qui avaient ces diverses boutiques, ont pris leur retraite et leurs magasins sont presque tous devenus des commerces d’alimentation. Finie la diversité qui attirait les clients, du coup ils vont ailleurs. De plus, les femmes ont peur, il y a un manque de sécurité ».

A cela s’ajoute un problème inattendu : « Depuis quelques années, la Ville annonce la rénovation urbaine de ce quartier avec la démolition des Angloros I et II et certaines personnes sont persuadées que c’est fait et que mon magasin n’existe plus depuis trois ou quatre ans. On nous a envoyé des gens de Paris qui ne connaissaient aux problèmes du quartier et puis, plus personne n’est venue nous voir. Ça fait beaucoup de choses contre nous et cela a contribué à la désertification du quartier. J’ai moins de clientes mais je paye toujours les mêmes charges ».

Pour l’avenir, Keira Dhamane n’est pas optimiste : « Bien que je désire fortement que ça redevienne comme avant, car il y a un potentiel énorme, je crains que cela n’arrive jamais. L’avenir est un gros point d’interrogation. Je regrette beaucoup les belles années vécues ».

Farabel, prêt-à-porter féminin, galerie Richard-Wagner, Nîmes.

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