18/02/2012

Plaine du Vistre et de Saint-Césaire - Paroles d’agriculteur

DSC02050 (Copier).jpgMarceau Pelatan et sa fille Jenny.

Ils ne sont plus que sept agriculteurs dans la plaine de Saint-Césaire. Marceau Pelatan est l’un des derniers gardiens d’une profession qui souffre de plus en plus, particulièrement ici, où la proximité de la ville se vit mal. Installé au milieu des 80 ha de l’exploitation familiale, au Mas de Devèze, que son père avait loué en 1936 puis acheté en 1955, il évoque les problèmes rencontrés au fil des années. Malgré tout sa fille Jenny reprend l'exploitation. 


Comment avez-vous vécu la période froide que nous venons de traverser ?
Ces six derniers mois ont été difficiles, pas seulement à cause du froid. La pluie a énormément manqué en septembre et octobre, nous avons été obligés de faire une partie de l’ensemencement sur des terres sèches. Les conséquences du froid et du manque d’eau ont été une mauvaise levée du blé sur 5 ha, c’est lui qui a le plus souffert. En revanche, petit avantage, ce froid étant arrivé sur terrain sec, c’était moins grave. De plus, la prairie et la luzerne risquent moins et le tournesol n’est pas encore semé.

Est-il difficile d’être agriculteur à Saint-Césaire ?
C'est peut-être plus difficile qu’ailleurs. Nous sommes confrontés aux mêmes problèmes que tous les autres agriculteurs : les prix du carburant, la mise aux nouvelles normes du matériel... Mais en plus nous subissons la proximité de la ville. Ainsi, il y a eu dans cette plaine une succession d’expropriations, pour l’agrandissement du réseau routier, l’A9 en particulier, la création de la station d’épuration et de l’incinérateur, la création de bassins de rétention. Il y a aussi le mitage de la zone agricole vendue par petites parcelles à des non-agriculteurs et dont la destination agricole première est déviée, en contradiction avec le Plan local d’urbanisme.
La saleté et l’insécurité sont aussi des soucis. Les fossés et les terres sont devenus de véritables dépotoirs, avec une pollution notable par les plastiques jetés par les automobilistes. De plus, le sentiment d’insécurité est de plus en plus présent. Nous ne pouvons plus laisser nos exploitations sans surveillance, comme autrefois.

Quel avenir pour les agriculteurs, ici ?
L'avenir s'annonce difficile car aux problèmes généraux, montée des prix de revient et stagnation des prix, s’ajoute la mise en place du PPRI (plan de prévention des risques inondation) qui ne permet pas, en principe, l’agrandissement de bâtiments agricoles pourtant nécessaires à l’évolution des exploitations.

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